Débunkons le gauchisme

Débunkons le gauchisme

Hitler et l'Eglise catholique se sont combattus

 L'Eglise catholique face au danger nazi

 

 

   Soixante cinq ans sont passés depuis la terrible et meurtrière seconde guerre mondiale  où les trois grands Axes du Mal (communisme-nazisme-américanisme) se sont entredéchirés le pouvoir, causant la mort de millions d'êtres humains innocents. Malheureusement, dans certains milieux, il existe  des catholiques (leur nombre est infime et très marginal) qui, pour une raison ou pour une autre, sont des nostalgiques du régime nazi et des admirateurs du triste et célèbre Adolph Hitler.

 

Hitler face aux papes

 Voici donc un petit récapitulatif des paroles et actions de  l'Eglise catholique concernant le régime national-socialiste. Nous verrons aussi l'attitude des dirigeants nazis envers les catholiques allemands.

 

 

Sommaire :

 

1. Actions et paroles des évêques allemands avant la guerre

2. Condamnation du Vatican

3. La haine et la persécution des nazis contre l'Eglise catholique

4. Concernant le Concordat

5. Concernant le Cardinal Innitzer

 

Dossier en PDF ICI

 

 

1. Actions et paroles des évêques allemands avant la guerre

 

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  • Cardinal Faulhaber

  •  

    - En 1930, le cardinal Faulhaber, archevêque de Munich, condamne officiellement le nazisme comme  "une hérésie qui ne peut s’accorder avec la vision chrétienne du monde."


    - En 1930, le jeune abbé Clemens August von Galen, curé de Saint-Lambert à Münster, déclare :  "Un catholique peut-il s’inscrire dans le parti de Hitler ? Un prêtre peut-il admettre les membres de ce parti, en tant que tels, à des cérémonies religieuses ? Nous répondons négativement." Trois ans plus tard, il devient évêque de la même ville.



    - En septembre 1930, trois ans avant qu'Adolf Hitler n'arrive au pouvoir, l'archidiocèse de Mayence condamna publiquement le parti nazi. Selon les normes publiées par l'archidiocèse de Mayence, il était "interdit à tout catholique de s'inscrire dans les rangs du parti national socialiste d'Hitler".


     "Il n'était pas permis aux membres du parti hitlérien de participer en groupe à des funérailles ou à d'autres offices catholiques". Par ailleurs, "un catholique ne pouvait être admis aux sacrements tant qu'il restait inscrit au parti hitlérien". La déclaration de l'archidiocèse de Mayence a été publiée en première page de L'Osservatore Romano, avec un article publié le 11 octobre 1930 et intitulé "Le parti d'Hitler condamné par l'autorité ecclésiastique".



     Mis en accusation par le parti nazi, l’abbé Weber, curé de Kirschhausen, déclare qu’il agit en communion avec son évêque. Ce dernier confirme en écrivant un long argumentaire de soutien, affirmant notamment que le prêtre a obéi à ses ordres.



    - Le 1er janvier 1931, le cardinal Adolf Bertram, archevêque de Breslau et président de la conférence épiscopale allemande, publie une Lettre ouverte en une heure grave, dans laquelle il dénonce le "christianisme positif" des nazis, un christianisme qui repose essentiellement sur la race et l’Etat, un christianisme  "purifié de ses souillures juives".



    - En février 1931, le diocèse de Munich confirma l'incompatibilité de la foi catholique et du parti nazi. Le 10 février 1931, l’épiscopat allemand fait une déclaration commune interdisant aux catholiques l’adhésion au NSDAP, sous peine de se voir écartés des sacrements et privés de la sépulture religieuse.



    - En mars 1931, les diocèses de Cologne, de Paderborn et des provinces du Rhin dénoncèrent l'idéologie nazie, interdisant publiquement tout contact avec les nazis.



    - La DC du 21 mars 1931 consacre entièrement son numéro au thème : National-socialisme et catholicisme. Dans ce dossier est cité une lettre des évêques bavarois qui interdit l’accès aux sacrements à tout militant nazi.



    En août 1932, l'Eglise catholique excommunia tous les dirigeants du parti nazi. Parmi les principes anti-chrétiens dénoncés comme hérétiques, l'Eglise catholique allemande mentionna explicitement les théories raciales et le racisme.



    - Toujours en août 1932, la Conférence épiscopale allemande publia un document détaillé dans lequel elle donnait des instructions sur la manière de s'entretenir avec le parti nazi.



     Dans le document, il est écrit qu'il était absolument interdit aux catholiques de devenir membres du Parti national-socialiste. Celui qui désobéissait était immédiatement excommunié.



     Dans le document de la Conférence épiscopale trouvé par la PTWF, il est aussi écrit que l'archidiocèse considérait comme  "illicite d'appartenir au parti nazi", parce que "les manifestations de nombreux chefs du parti ont un caractère hostile à la foi" et "sont contraires aux doctrines fondamentales de l'Eglise catholique".

    - En juin 1932, Mgr Albert Stohr, évêque de Mayence, publie un mandement à ses diocésains dans lequel il rejette plusieurs points du programme du parti national-socialiste, parce que contraires à la doctrine catholique.



    - Le 10 février 1933, soit au lendemain de l’arrivée de Tonton au pouvoir, Mgr Groeber, archevêque de Fribourg, dénonce la haine et les violences politiques croissantes.



    - "L’adhésion au Parti national-socialiste d'Hitler est inadmissible pour une conscience catholique." Le 11 mars 1933 paraît la lettre pastorale de Mgr Gfoellner, évêque de Linz, sur le vrai et le faux nationalisme. L’évêque dénonce violemment le national-nazisme, le matérialisme et l’antisémitisme raciaux en rappelant l’amour du prochain et l’unité du genre humain en Dieu. Mgr Gfoellner réfute les thèses doctrinales des nazis. En seulement trois semaines, sept éditions de cette lettre paraissent.

     

    - Profitant du Carême 1934, Mgr von Galen écrit une lettre pastorale qui accuse le nazisme de discrimination raciale et dénonce très vigoureusement les thèses de Rosenberg exposées dans Le Mythe du XXe siècle, paru quatre ans auparavant. Cette accusation est tellement virulente que le Gauleiter Röves écrit une note à ce sujet : "Chaque phrase de ce texte est dictée par la haine du national-socialisme."

    - Mgr von Galen, soutenu par le cardinal Pacelli, intensifie son action contre le nazisme : il fait distribuer des milliers d’exemplaires de la réfutation que l’historien Wilhelm Neiss écrit contre l’ouvrage de Rosenberg. Un peu plus tard, devant trente mille pèlerins, il s’attaque au "christianisme positif ", vulgaire néopaganisme niant les sources surnaturelles de la vie chrétienne. Lors du synode diocésain de 1936, il stigmatise une nouvelle fois cet Etat totalitaire qui prétend suivre la voie de la raison. En 1937, il écrit :  "Nous voici contraints de céder à la force."



    - Mgr Johaness Baptista Sproll prononce une virulente homélie, le jour de la fête du Précieux-Sang de 1936, dans laquelle il incrimine les nazis pour leur racisme et ce qu’il appelle leur "religion du sang". Ce texte a un tel retentissement que Mgr Sproll devient un homme à abattre pour le Reich. Le prétexte de l’Anschluss de l’Autriche en 1938, que Mgr Sproll refuse de ratifier, suffit à le faire expulser de son diocèse, malgré les protestations de ses confrères et une intervention écrite du cardinal Bertram.



    - En août 1938, la conférence épiscopale de Fulda fait paraître un texte qui accuse le régime nazi de persécutions à l’encontre des catholiques, dans leur vie sacramentelle et sociale, mais aussi sur leurs personnes, notamment par des procès montés contre les membres de l’Eglise. L’épiscopat allemand met en exergue les opposition nettes entre la doctrine catholique reposant sur Jésus-Christ et l’idéologie nazie fondée sur un éventuel dieu de la race. Les évêques montrent que seule l’Eglise est capable de protéger les Allemands contre les tourments et la guerre. Ils invitent ainsi les catholiques allemand à "confesser (leur) foi… et (à) prêter l’oreille à la voix de (leur) conscience". Ils font leur la parole de l’apôtre : "On doit obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes."



    - En octobre 1939, Mgr von Galen dénonce publiquement un décret prévoyant la mise à mort de tous les incurables, dans le cadre d’un programme général d’euthanasie, ceux "dont la vie est sans valeur pour la société humaine". Les cardinaux Faulhaber et Bertram interpellent la chancellerie et le ministère de la Justice.




    2. Condamnation du Vatican



    * En 1922 paraît la première encyclique du pape Pie XI, Ubi Arcano Dei, dans laquelle il condamne fermement "le nationalisme immodéré". A cette époque, cette critique touche aussi le NSDAP que tous les groupes extrémistes revendiquant un nationalisme exacerbé (Italie, Allemagne…).


    * Le 25 septembre 1928, un décret du Saint-Office "condamne tout particulièrement la haine contre le peuple jadis élu de Dieu et notamment cette haine qu’on a l’habitude de désigner par le mot antisémitisme".


    * En 1934, le Mythe du XXe siècle de Alfred Rosenberg est mis à l’Index.


    * Le 14 mars 1937, Pie XI publie l’encyclique Mit brennender Sorge, condamnation sans appel du national-socialisme (cf. chapitre suivant) et qui provoque la fureur d'Hitler.


    * Le 13 avril 1938, la Sacrée congrégation des séminaires, dans une lettre parue dans La DC du 20 mai de la même année, condamne les prétentions scientifiques du racisme à partir de huit assertions, dont six sont explicitement nazies.


    * Du 3 au 9 mai 1938, Hitler se rend à Rome pour y rencontrer Mussolini. Le pape Pie XI pose alors un geste fort en quittant aussitôt la ville qu’il estime profanée par la croix gammée, surtout le jour où la liturgie exalte la croix du Christ. La DC du 5 juin 1938 consacre à cet événement un dossier titré : "L’Eglise en face du racisme."




    * Le 6 septembre 1938, le pape Pie XI prononce des paroles très fortes devant des journalistes belges :  "Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d’Abraham. Non, il n’est pas possible aux chrétiens de participer à l’antisémitisme. Nous reconnaissons à quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes. Mais l’antisémitisme est inadmissible. Nous sommes spirituellement des sémites." (Paroles rapportées dans La DC du 5 décembre de la même année)




    2.1 L'Encyclique Mit Brennender Sorge


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    Pie XI


      Le 14 mars 1937, Pie XI publie sa célèbre encyclique Mit Brennender Sorge, quidénonce les erreurs doctrinales du nazisme. L’impact de ce texte est énorme : il est ressenti par les nazis comme une déclaration de guerre. C’est un événement sans précédent dans l’Histoire de l’Eglise. C’est pourquoi une partie de ce chapitre lui est consacrée.



    ¤ Genèse de ce texte


      Très tôt, des catholiques allemands tiennent informés le pape de la situation en Allemagne. Certains d’entre eux vont jusqu’à réclamer un texte officiel, telle Edith Stein qui envoie un message au Vatican dès 1933 dans lequel elle demande une encyclique. C’est également la demande formulée par Karl Leisner qui bénéficiera même d’une audience privée lors d’un de ses passages à Rome, en juin 1936. Les deux seront victimes des camps de concentration nazis quelques années plus tard. Cette demande est reprise en août 1936 par les évêques allemands réunis à Fulda, sur la tombe de l’apôtre du pays, saint Boniface. L’épiscopat allemand demande au pape de parler au sujet de l’Allemagne et des persécutions contre l’Eglise. Le concordat étant de vigueur, l’hésitation de certains évêques est palpable. Le cardinal Eugenio Pacelli décide alors d’organiser une réunion d’envergure afin de porter un coup sérieux au régime nazi : en février 1937, il réunit au Vatican le cardinal Bertram, le cardinal Schulte, Mgr von Preysing, Mgr von Galen et le cardinal Faulhaber. Il est décidé d’élever une protestation par la plus haute autorité de l’Eglise. Le cardinal Faulhaber prépare une esquisse du texte. Celle-ci est ensuite grandement revue, corrigée et complétée par le cardinal Pacelli, secondé par le Père Leiber. Le pape reprend enfin le manuscrit qu’il signe…


    ¤ Contenu


      L’encyclique Mit Brennender Sorge commence par la dénonciation du non-respect du concordat. Mais elle est surtout une condamnation sans ambiguïté du racisme en tant que doctrine idolâtrique et démoniaque, s’opposant à celle catholique, donc universelle, de l’humanité. Pour l’Eglise, le nazisme se résume par la racisme, fondement de tout le reste et dont l’antisémitisme est une des composantes.


    Voici quelques extraits :


    -  "Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’Etat, ou la forme de l’Etat, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine … et les divinise dans un culte idolâtrique, celui-là renverse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu."


    - "... il s’agit d’une véritable apostasie. Cette doctrine est contraire à la foi chrétienne."


    - "Il n’est impossible qu’une chose soit utile si elle n’est pas en même temps moralement bonne. Et ce n’est point parce qu’elle est utile qu’elle est moralement bonne, mais parce qu’elle est moralement bonne qu’elle est utile." (Pie XI reprenant les propos de Cicéron pour répondre à l’assertion nazie selon laquelle "le droit c’est l’utilité du peuple ".)


    -  "Qui veut voir bannies de l’Eglise et de l’école l’histoire biblique et la sagesse des doctrines de l’Ancien Testament blasphème le Nom de Dieu, blasphème le plan de salut du Tout-Puissant, érige une pensée humaine étroite et limitée en juge des desseins divins sur l’histoire du monde." (Condamnation du marcionisme nazi  :  hérésie de Marcion (IIe siècle) prônant un dualisme analogue à celui des gnostiques et opposant le Dieu de justice de l’Ancien Testament au Dieu d’amour du Nouveau Testament. Les nazis se servirent de ce dualisme pour justifier leur antisémitisme.)


    > Texte en entier ICI



    ¤ Une condamnation radicale de la doctrine nazie


       Une accusation récurrente est portée par certains journalistes et historiens de l’Eglise lorsque ce texte est invoqué pour la défense de Pie XII. "Certes l’encyclique a bien été écrite en grande partie par le cardinal Pacelli, mais rien ne prouve qu’elle fût explicitement dirigée contre le nazisme : d’une part il n’est fait aucune mention du national-socialisme ; d’autre part elle n’évoque à aucun endroit la persécution dont les juifs sont victimes."


     Les deux arguments sont justes : il n’y a aucune trace du vocable "national-socialisme" et aucune condamnation de la persécution qui frappe les juifs. Toutefois, affirmer que l’encyclique ne vise pas le nazisme est un raccourci ne prenant pas en compte nombre de données complémentaires qui ne laissent aucun doute sur la volonté de ses rédacteurs.


    Ces données sont les suivantes :


    - Les rédacteurs : cette encyclique est la résultante de différentes demandes, d’abord celle de religieux allemands comme Edith Stein et Karl Leisner, ensuite - et surtout - celle de la conférence épiscopale allemande qui a besoin d’un texte fort montrant la perversité de la doctrine national-socialiste. La réunion de préparation du texte rassemble le cardinal Pacelli, ses proches collaborateurs, ainsi que les cardinaux allemands et principaux évêques opposés au nazisme en Allemagne. C’est le cardinal Michael Faulhaber, celui que les nazis surnommentJuden Kardinal (cardinal des juifs), qui écrira la première version de ce texte, reprise amplement par le cardinal Pacelli et Pie XI.


    - C’est la première fois qu’une encyclique est publiée directement en langue vernaculaire, en l’occurrence en allemand, preuve indiscutable que les premiers destinataires sont les Allemands eux-mêmes.


    - Cette encyclique est imprimée directement en Allemagne pour être lue conjointement dans toutes les églises (et dans de nombreux temples) du pays, le 21 mars 1937, lors de la messe des Rameaux.


    ¤ Réactions en Allemagne


       La réaction d'Hitler fut paraît-il effroyable et la répression presque immédiate. Cette encyclique "est ressentie par les nazis comme une déclaration de guerre."1


       Il faut bien avoir à l’esprit que cette condamnation de la doctrine nazie a été lue en même temps dans… quinze mille églises d’Allemagne ! En l’espace d’une journée, ce sont plusieurs millions d’Allemands qui prennent connaissance de l’accusation portée par l’Eglise sur l’idéologie national-socialiste.


       Les nazis intensifient les exactions contre le clergé et contre tout ce qui participe à la diffusion d’information. L’objectif est clair : le Reich ne veut pas de réseau national capable de concurrencer le sien, et surtout pas un réseau de résistance spirituelle.


    - La presse est bâillonnée, les imprimeurs traqués et victimes de discriminations. Ces derniers sont en effet accusés, selon les archives de la Gestapo, d’entretenir des sentiments nuisibles à l’Etat. Ces persécutions sont si dures que Mgr Clemens August von Galen réagit vivement par des protestations publiques et sans appel, au péril de sa vie.


    - Le cardinal Faulhaber est insulté.


    - Le jésuite Rupert Mayer est arrêté et incarcéré pour avoir osé commenter l’encyclique en chaire.


    - Les évêchés de Rottenburg (Mgr Sproll), de Freiburg (Mgr Gröber) et de Munich (Cardinal Faulhaber) sont pillés par les Jeunesses hitlériennes.


    - Les dernières organisations catholiques sont dissoutes.


      La répression sera tellement violente, alors même que le nazisme n’a pas atteint son hégémonie, qu’il amènera le pape a faire preuve de prudence dans ses réactions, pour empêcher le redoublement des persécutions. Cette vision de Pie XII se confirmera par la suite, après l’affaire de la protestation publique des évêques hollandais qui accéléra et amplifia les déportations.



    3. La haine et la persécution des nazis contre l'Eglise catholique



     En plus de ce qui a été évoqué précédemment, voici d'autres exemples :


    - Le 30 juin 1934, lors de la Nuits des long couteaux visant à l’élimination des SA (l’aile révolutionnaire du parti nazi), les SS en profitent pour supprimer les différents responsables catholiques, notamment Eric Klausener, président de l’Action catholique de Berlin, et Adalbert Probst, directeur national de l’Association catholique de la jeunesse. Méprisant la tradition catholique, les nazis incinérèrent leurs corps.


    * En 1936, les nazis inculpent deux cent soixante-dix-sept franciscains sur près de cinq cents environ que compte l’Eglise en, pour "atteinte aux moeurs". C’est également à cette époque que les calvaires, les cimetières et tous les emblèmes de l’Eglise sont profanés.


    * En 1937, quatre jeunes filles d’un petite commune appelée Heede an der Ems auraient des apparitions de la Vierge Marie (non reconnues à ce jour par l’Eglise). Les nazis réagissent aussitôt et internent les quatre enfants, cherchant à éteindre une polémique qui menace l’ordre voulu par les nazis : "Ce que nous avons mis quatre ans à construire à grand peine, voici que quatre gamines vont le détruire en un instant ", écrit le gauleiter Röver .


    * Au lendemain de la publication de l’encyclique Mit Brennender Sorge, le 14 mars 1937, le régime nazi durcit ses persécutions : prêtres et imprimeurs sont envoyés en camps de concentration. En mai 1937, plus de mille prêtres et religieux sont emprisonnés, en même temps qu’une centaine de catholiques était condamnée.


    * En 1938, les associations d’étudiants catholiques sont dissoutes. Le 4 octobre notamment, les fonctionnaires ont l’interdiction d’appartenir à une organisation confessionnelle.


    * En 1939, à l’aube de la Première Guerre mondiale, les nazis achèvent de dissoudre les dernières organisations catholiques (Quick-born, groupements des ouvriers catholiques…) et supprime totalement toutes les écoles confessionnelles.


      Un découpage des persécutions des catholiques par les nazis a été fait par l’historien allemand Ulrich von Hehl. Les trois premières années, les nazis détruisent toutes les structures catholiques afin qu’elles ne puisent rivaliser avec l’idéologie nazie. De 1935 à 1937, le régime nazi porte le combat sur le plan doctrinal en cherchant à devenir lui-même une Eglise. Les deux dernières années précédant la guerre voient un enchaînement des arrestations, des expulsions et des interdictions de prêcher ou d’enseigner.




    4. Concernant le Concordat



     Pie XI lui-même fut abusé par les marques d’attention d’Hitler envers les catholiques, notamment dans ses premiers discours où il affirme qu’il fera du christianisme "la base de notre morale, de la famille, la cellule première de notre peuple". Le 13 mars, Pie XI félicite même Hitler pour "sa prise de position contre le communisme". Toutefois, au moment de signer le concordat, Pie XI se montre plus que réticent et inquiet, partageant les inquiétudes du cardinal Eugenio Pacelli qui dénonce l’empressement d’une partie de l’épiscopat allemand : "Pourquoi les évêques ont-ils fait la moitié du chemin pour rencontrer le gouvernement ? Et s’ils le devaient, n’auraient-ils pas pu le faire attendre encore un mois au moins ? "  C’est l’avenir de vingt millions de catholiques se joue : le pape et le cardinal Pacelli acceptent de signer, pour "empêcher de plus grands maux" (Discours de Pie XII au Sacré Collège, le 2 juin 1946) et "protéger (les catholiques) du flot sans cesse montant de la persécution(Discours de Pie XII au Sacré Collège, en 1954). Le 20 juillet 1933, le ministre von Papen (non nazi) et le cardinal Pacelli signent officiellement le concordat.

      Le concordat garantit la liberté religieuse des catholiques, l’inviolabilité des biens d’Eglise, le droit des écoles confessionnelles et des organisations de jeunesse de l'Eglise catholique. Cet accord devient un obstacle pour les évêques allemands qui n’oseront pas, dans un premier temps, protester fermement contre certaines mesures, comme la stérilisation des personnes atteintes de maladies génétiques, l’entrave à la liberté d’expression, la suppression des partis politiques - dont le Centre catholique - autres que le NSDAP et la création de camps de concentration : le premier camp est celui de Dachau en 1933.


      Comme le dira très bien Robert d’Harcourt : "L’hitlérisme s’est couvert du concordat et l’a utilisé comme un écran."



     > Division de l’épiscopat allemand



   Les divisions au sein de l’épiscopat auront pour conséquence majeure de réduire les évêques opposés au nazisme à agir seul ou en petits groupes, et non collégialement.


- D’une part il y a les évêques partisans d’une ligne conciliatrice avec le national-socialisme, avec à leur tête la cardinal Adolf Beltram, archevêque de Breslau, qui désire éviter, ainsi qu’il le répète dans de nombreux écrits,  " un nouveau Kulturkampf ". Proche du nonce apostolique Orsenigo, il est très méfiant à l’égard d’Eugenio Pacelli. Mgr Beltram finira par se rendre compte de l’opposition radicale entre le nazisme et l’Eglise qu’en 1942.


- D’autre part il y a les évêques résistant au nazisme, avec comme chefs de file le cardinal Michael Faulhabern archevêque de Munich, Mgr Clemens August von Galen, évêque de Münster, Mgr Konrad von Preysing et Mgr Johannes Baptiste Sproll, évêque de Rottenburg, banni dès 1937 de son diocèse et exilé en Suisse l’année suivante. Ces évêques sont souvent des proches du cardinal Pacelli / Pie XII.



5. Concernant le Cardinal Innitzer


Certains prétendent justifier leur sympathie/nostalgie du III° Reich en se basant, entre autres, sur la déclaration suivante du Cardinal Innitzer et de l'épiscopat autrichien :

"Nous reconnaissons joyeusement que le mouvement National Socialiste a produit d'énormes bienfaits, et qu'il continu encore de faire de même au niveau de la reconstruction nationale et économique, tout comme dans la politique sociale pour la nation et le Reich Allemand, particulièrement pour les classes les plus pauvres du peuple. Nous sommes également convaincus que par le travail du mouvement National Socialiste, le danger du Bolschévisme sans-Dieu, détruisant tout, a été évité. Les évêques accompagnent de leurs meilleurs souhaits et bénédictions ce travail pour le futur, et ils exhorteront les fidèles en ce sens. En ce jour de plébiscite, il est bien entendu pour nous évêques de notre devoir national, en tant que germains, de reconnaître le Reich Germanique, et nous espérons que tous les croyants chrétiens savent ce qu'ils doivent à leur pays."2

 


          Seulement, ces gens-là oublient que :



1. Suite à cette déclaration, Radio Vatican dénonce aussitôt la diffusion de ce texte. Le 6 avril 1938, le Cardinal archevêque de Vienne, Mgr Innitzer est convoqué à Rome par le pape Pie XI et le cardinal Pacelli, pour avoir accueilli favorablement l’Anschluss et Hitler. Pour Pacelli, les évêques autrichiens ont écrit à cette occasion "une des pages les plus tristes pour l’Eglise". Le Pape Pie XI oblige le prélat autrichien à se rétracter publiquement en rédigeant un document, au nom de tous les évêques d’Autriche, à paraître dans l’Osservatore Romano, affirmant que : 


 "La déclaration solennelle des évêques autrichiens [...] n’avait pas pour but d’être une approbation de quelque chose qui est incompatible avec la loi de Dieu", et précisant également que cette première déclaration avait été faite sans l’accord de Rome.3





2. le Cardinal et archevêque Innitzer avoue lui-même s'être fait trompé et abusé : Quelques semaines après sa déclaration, les Allemands abrogent le régime concordataire autrichien et interdisent les organisations et journaux dépendant de l'Église catholique. En signe de protestation, le 7 octobre 1938, à l’appel d’Innitzer, des milliers de jeunes gens viennent se rassembler pour prier et méditer dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne. Dans son sermon, le cardinal affirme alors :  "Il n’y a qu’un seul guide (Führer en allemand) : Jésus Christ." Le lendemain, une centaine de nazis envahissent et saccageaient la résidence de l’archevêque.



Plus tard, il se rétracte et écrit  :



"On nous a misérablement trompés. L'Allemagne venait à nous comme une mère à ses enfants; nous savons maintenant ce que cela signifie. La haine du national-socialisme, égale à celle du communisme, s'est ici déchainée sans retenue contre l'Eglise. On veut faire de l'Autriche un champ d'expérience pour voir jusqu'où peut aller l'anéantissement du christianisme. Cela ne peut plus durer. On ne répond même pas à nos protestations incessantes. Il faudra voir bien en venir à la lutte ouverte. Les évêques ont été loyaux et confiants, on les a systématiquement abusés. Il faut qu'on sache..."4

 

 

 > Conclusion :



  Il est absolument effarant et incompréhensible que certains catholiques, "traditionalistes" et "sédévacantistes"  (il y en a très peu mais il en existe !) s'avèrent être des nostalgiques du régime nazi et des admirateurs de l'abominable Hitler.



  Nous l'avons vu, le nazisme est un système politique entâché et corrompu par de graves erreurs contre la doctrine catholique ; tout en occultant au début leur dessein en abusant certains prélats catholiques, il est incontestable que les nazis ont persécuté l'Eglise catholique afin de s'établir en "maîtres et dominateurs du Monde". Il est purement chimérique, pour un raison ou une autre, de s'accrocher au défunt régime nazi.



  NB : Nous avons repris plusieurs articles du site http://www.pie12.com/

 

 

Les nations retrouveront leur splendeur, leur catholicisme grâce au règne du Christ-Roi et non à travers un régime politique belliqueux, criminel et injurieux envers Notre Seigneur et notre Sainte Mère l'Eglise catholique.





http://www.catholique-sedevacantiste.com/

1 Jean SÉVILLIA, Historiquement correct, Perrin, p. 376

2 Déclaration des évêques autrichiens et du cardinal Innitzer, Vienne, 18 mars 1938

3 Alessandro Duce, La Santa Sede e la question ebraica (1933-1945), Roma, Edizioni Studium, 2006, p 7 et 63



15/06/2016
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