Débunkons le gauchisme

Débunkons le gauchisme

Hitler et les collabos protégeaient les franc-maçons

Les nazis et Pierre Laval ont largement atténué les lois antimaçonniques de Vichy

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Bernard Faÿ n’aimait pas Otto Abetz [Ambassadeur d’Allemagne en France sous l’Occupation]. (…) Les désaccords qui l’opposent à l’ambassadeur reposent sur des conceptions idéologiques inconciliables. Depuis ses bureaux de la rue de Richelieu, le directeur de la Bibliothèque Nationale coordonne l’action des différents organes français de lutte contre les sociétés secrètes. En outre, il est le gardien d’une substantielle partie des archives maçonniques. (…)

 

Partisans de la manière forte, Bernard Faÿ s’afflige de la mollesse de Otto Abetz. Il s’en ouvre à Henry Coston : « Tant qu’ils seront là, dit Faÿ à propos de l’équipe de la rue de Lille, nous ne pourrons jamais publier la liste des maçons répertoriés par les services de la rue Cadet [ancien siège du Grand Orient de France]. Pourquoi ? Parce que les Allemands nous refusent obstinément les 4 tonnes et demie de papier qu’exige l’impression des volumes. ». Et d’ajouter avec un sourire désabusé : « Abetz n’est probablement pas étranger à ce refus. »

 

Plus tard, dans un livre paru en 1970 (L’Eglise de Judas), Bernard Faÿ enfonce le clou. (…) Il dénonce « l’infiltration des séminaires par des militants marxistes à partir du Front Populaire, les efforts de l’Ambassadeur de Hitler à Paris, Otto Abetz, pour encourager la formation d’un gouvernement républicain orienté à gauche, anticlérical et socialiste, l’alliance signée entre de Gaulle, les francs-maçons et les communistes en 1942. »

 

Ce qu’il écrit en 1940 de l’ambassadeur Otto Abetz repose sur des faits réels (…). Il se trouve, en effet, que la politique réactionnaire et cléricale (…) de Vichy, n’est pas la tasse de thé de Otto Abetz ni de ses collaborateurs. Encore moins celle de l’influent conseiller de l’ambassadeur Ernst Achenbach, qui appartenait à l’aile « gauchiste » du parti national-socialiste et aurait de beaucoup préféré s’adresser à des interlocuteurs français moins conservateurs que ceux qui grouillaient autour du Maréchal Pétain. (…)

 

Émanant encore des services secrets du Reich, une autre note, celle-ci adressée à l’officier SS Helmut Lnochen : (…) « Si devaient être éliminés tous les francs-maçons de France, ce sont les cercles cléricaux qui deviendraient les maîtres du jeu. Après quelques années, il se creuserait entre la France et l’Allemagne un fossé énorme. Dominée par les cléricaux, la première serait incapable de s’accorder avec l’Allemagne nouvelle. »

 

Emmanuel Pierrat – Les francs-maçons sous l’Occupation (2015)


De retour au pouvoir en avril 1942, Laval qui, en vieux politicard de la Troisième République, n’approuvait pas les lois antimaçonniques d’août 1940 et d’août 1941, mit un frein à la répression.

 

Faÿ le reconnaît : « L’une des premières décisions de Laval fut de rendre inefficaces toutes les mesures décidées par le chef de l’Etat pour exclure les francs-maçons de l’administration et des médias. Je voulus l’entretenir des contradictions qu’entraînait une telle attitude : sans rudesse, mais fermement, il m’imposa sa volonté. »

 

Laval remplaça l’amiral Platon en avril 1943 par un ancien magistrat de la Cour de cassation, Joseph-Bertrand Sens-Olive, à qui il revint de liquider le Service des sociétés secrètes à la Libération et qui ne fut pas poursuivi.

 

Antoine Compagnon – Le cas Bernard Faÿ (2009)

 

 

 

 

 

Source : Bibliothèque de combat



27/04/2016
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