Débunkons le gauchisme

Débunkons le gauchisme

Propagande de DBK sur la collaboration du Maréchal Pétain

Suite du débunking de cet article : http://www.debunkersdehoax.org/propagande-de-l-extreme-droite-sur-la-collaboration

La partie 1 du débunking est ici : http://debunkonslegauchisme.blog4ever.xyz/propagande-de-dbk-sur-le-vote-des-pleins-pouvoirs-a-petain

 

"2) Le régime de Vichy, bouclier de la France

 

Une thèse adjacente à celle ci est que Pétain joua un double jeu avec les nazis.  

 

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En 1954, Robert Aron (Histoire de Vichy) reprend les arguments de la défense de Pétain : il a reçu le pouvoir légitimement, il a servi de " bouclier ", alors que le général de Gaulle (le glaive) préparait la reprise de la lutte. Aron minimise par ailleurs le rôle de l'État français du maréchal Pétain dans la déportation juive et la collaboration avec l'Allemagne nazie. André François-Poncet reprend la même argumentation lors de son discours d'investiture à l'Académie Française où il repris le fauteuil de Pétain. 

Si Aron et François Poncet usent de ce discours, celui ci semble avoir été populaire dans les années 1940 en France et disparu vers 1942 lors de l'invasion de la zone sud.

Mais cette thèse est connue surtout par le discours de Pétain et de certains de ses affidés lors de leur procès. [Pierre Laborie, Le Chagrin et le venin, Paris : Bayard, 2011p. 156, note 61.]

 

Et si elle est encore connue, c'est qu'elle a servi tout le long de la deuxième moitié du 20ème siècle comme défense rhétorique à l'extrême droite!

 

Initialement utilisé comme une stratégie judiciaire, le discours autour d'un « Vichy résistant » trouve un écho immédiat dans les publications d'extrême droite. Il porte tout d'abord sur la défense de la légalité du régime de Vichy et trouve son aboutissement dans la thèse du « glaive et du bouclier de la France », soutenue par le Colonel Rémy en avril 1950, lors des premiers débats parlementaires sur la loi d'amnistie, dans un article intitulé « La justice et l'opprobre », paru dans Paroles Françaises (qui soutient l'amnistie depuis 1947). Il rapporte que le Général de Gaulle lui aurait confié en 1947 qu'en 1940, il fallait que la France eut deux cordes à son arc, « la corde Pétain aussi bien que la corde De Gaulle ». Cette déclaration est réfutée par Charles de Gaulle, ce qui entraîne la rupture de Rémy avec le RPF. Cet argumentaire n'est cependant pas issu des arènes judiciaires, mais plutôt d'une série d'énonciations rendues possibles par la crise politique de la Libération. Produit des discours ordinaires sur les possibles, des tentatives de compréhension d'une période caractérisée, entre autres, par une perte de repères, il ne se trouvera discrédité qu'à partir de la stabilisation de l'histoire officielle de l'Occupation.

 

Ces discours sur la légalité du régime se doublent d'une dénonciation de l'épuration comprenant d'une part une critique des institutions judiciaires et, d'autre part, l'élaboration d'une histoire révisionniste et falsifiée de la Seconde Guerre mondiale, l'Occupation et l'épuration.

http://www.cairn.info/revue-raisons-politiques-2008-2-page-21.htm

 

 

Et pour conclure sur le sujet elle est COMPLÈTEMENT battue en brèche par la réalité des archives historiques:

 

  • E Jäckel, La France dans l’Europe d’Hitler, trad française 1968. 

A partir des archives allemandes, il montre qu’il n’y a pas eu de double jeu. Hitler est médiocrement intéressé par les offres répétées de collaboration. Vichy est demandeur dès 1940, dans le cadre d’une collaboration d’Etat plus intéressée qu’idéologique (obtenir un adoucissement des conditions d'armistice et une place meilleure en Europe quand les nazis auront gagné la guerre)"

 

Vous oubliez certains faits historiques qui vous contredisent et inversez les rôles en disant que c'est Pétain qui a demandé la collaboration (alors que c'est Hitler qui d'ailleurs n'était pas l'invité à Montoire, mais l'hôte) :

 

L'entrevue de Montoire
  
Le 24 octobre 1940, Pétain rencontre Hitler à Montoire, dans le Loir et Cher. Retenons d'abord la volonté d'établir une collaboration d'Etat avec Hitler. Le Maréchal va déclarer dans son discours public du 30 octobre 1940 : "C'est librement que je me suis rendu à l'invitation du Führer. Je n'ai subi, de sa part, aucun "diktat", aucune pression, Une collaboration a été envisagée entre nos deux pays. J'en ai accepté le principe. Les modalités en seront discutées ultérieurement." Il justifia cette demande de collaboration "Ainsi, dans un avenir prochain, pourrait être allégé le poids des souffrances de notre pays, amélioré le sort de nos prisonniers, atténuée la charge des frais d'occupation. Ainsi pourrait être assouplie la ligne de démarcation et facilités l'administration et le ravitaillement du territoire." Enfin, il montre clairement que, malgré la collaboration, l’Allemagne n’est pas l’ami de la France : "L'armistice, au demeurant, n'est pas la paix. La France est tenue par des obligations nombreuses vis-à-vis du vainqueur. Du moins reste-t-elle souveraine. Cette souveraineté lui impose de défendre son sol, d'éteindre les divergences de l'opinion, de réduire les dissidences de ses colonies." Aujourd'hui, quelques "historiens" veulent faire croire que Pétain voulait faire entrer définitivement la France dans un nouvel ordre mondial au côté de l'Allemagne nazi. Cependant, est-ce réellement la volonté du Maréchal ? Il est nécessaire d'analyser les raisons de cette entrevue. En effet, il faut déjà savoir que Pétain n'avait pas envisagé une collaboration d'intérêts du jour au lendemain. Un long texte fut lu à la radio le 10 octobre 1940par le chargé d'information Jean Louis Tixier-Vignancour, dont une partie sera reprise le lendemain (Philippe Pétain, Actes et Ecrits, Flammarion, 1974, p. 470-476). Lors de la déclaration radiodiffusée du 11 octobre, le Maréchal déclare : "Indépendante du revers de ses armes, la tâche que la France doit accomplir l'est aussi, et à plus forte raison, des succès et des revers d'autres nations qui ont été, dans l'histoire, ses amies ou ses ennemies. Le régime nouveau, s'il entend être national, doit se libérer de ces amitiés ou de ces inimitiés, dites traditionnelles, qui n'ont, en fait, cessé de se modifier à travers l'histoire pour le plus grand profit des émetteurs d'emprunts et des trafiquants d'armes. Le régime nouveau défendra, tout d'abord, l'unité nationale, c'est-à-dire l'étroite union de la Métropole et de la France d'outre-mer. Il maintiendra les héritages de sa culture grecque et latine et leur rayonnement dans le monde. Il remettra en honneur le véritable nationalisme, celui qui, renonçant à se concentrer sur lui-même, se dépasse pour atteindre la collaboration internationale. Cette collaboration, la France est prête à la rechercher dans tous les domaines avec tous ses voisins. Elle sait d'ailleurs que, qu'elle que soit la carte politique de l'Europe et du monde le problème des rapports franco-allemands, si criminellement traité dans le passé, continuera de déterminer son avenir. Sans doute, l'Allemagne peut-elle, au lendemain de sa victoire sur nos armes, choisir entre une paix traditionnelle d'oppression, et une paix toute nouvelle de collaboration." Pour le maréchal Pétain, il fallait rechercher pour la France la moins mauvaise paix possible, et faire la paix avec tous les pays, quel que soit le camp. Selon Paul Schmidt, traducteur d'Adolf Hitler et auteur de Ma figuration auprès de Hitler(Plon, 1950), Pétain souhaitait s'entretenir sur cinq points : les prisonniers, les frais d’occupation, les départements du nord, l’Alsace et la ligne de démarcation. Nous ignorons si tous ces points ont été évoqués, mais nous savons que le Maréchal n'a jamais parlé de l'Alsace lors de cet entretien puisqu'il l'avoua lors d'une conversation à du Moulin de Labarthète. D'ailleurs, le Chef d'Etat ajouta qu'aucun accord immédiat a été pris (Marc Ferro, Pétain, Hachette, 2009, p. 192-193). Cependant, une instruction datée du 12 novembre, numéroté 18, indique clairement que Pétain avait demandé une aide militaire à Hitler pour reconquérir les terres perdues en Afrique contre l'Angleterre et les gaullistes, et décrit l'objectif du Führer : "Le but de ma politique à l'égard de la France est de coopérer avec ce pays de la manière la plus efficace pour la conduite future de la guerre contre l'Angleterre. [...] La France aura provisoirement à jouer le rôle d'une puissance d'une non belligérante qui devra accepter dans le domaine de sa souveraineté, et en particulier dans ses colonies africaines, les mesures prises par l'Allemagne pour la conduite des opérations et à les appuyer dans la mesure nécessaire par l'emploi de ses propres moyens de défense. La tâche primordiale des Français est d'assurer défensivement et offensivement la protection de leurs possessions africaines (A.E.F et A.O.F) contre l'Angleterre et le mouvement De Gaulle. A partir de cette tâche la participation de la France à la guerre pourra se développer pleinement." (document repris par Marc Ferro dans Pétain, Hachette, 2009, p. 193). Il ne faut pas oublier qu'un mois auparavant, les gaullistes déclenchèrent la guerre franco-française en attaquant avec les Anglais la base navale de Dakar. Ces attaques gaullistes à l'encontre de leur propre nation vont s'intensifier par la suite. Par ailleurs, les Anglais cherchaient à mettre la main sur le matériel appartenant à l'armée française, et étaient prêts continuer à attaquer la France comme à Mers el-Kebir et à Dakar. Le Maréchal se devait donc de protéger son territoire contre ceux qui se montraient hostiles à l'Etat Français. En parallèle, Hitler avait besoin d'alliés pour la bataille d'Angleterre, et la métropole française était un point géo-stratégique non négligeable dans ce cadre. Peu de temps avant l'entrevue de Montoire, le dirigeant du IIIème Reich expliqua qu'il était très géné par la situation et qu'il se sentait obliger de faire des concessions à la France s'il ne voulait pas que l'Afrique du Nord tombe aux mains de de Gaulle et des Anglais : "Si l'Angleterre n'avait plus aucune part dans la guerre, et s'il n'y avait pas de Gaulle, on n'aurait pas besoin de songer à l'abandon de certaines exigences envers la France. Elle serait bien obligée de céder, et si elle ne voulait pas on pourrait l'occuper sans difficulté en moins de quatorze jours." (Marc Ferro, Pétain, Hachette, 2009, p. 184-185). De plus, en cas d'engagement de la France aux côté des Allemands dans la bataille d'Angleterre, Hitler prévoyait la promesse auprès de Pétain et de Laval le maintien de l'Empire français, et qu'en cas de perte du Maroc, il offrirait le Nigéria anglais, même s'il avoua lui-même que ce marché était peu convainquant. Alors que s'est-il passé à Montoire ?
 
Un procès verbal de la conversation du 24 octobre 1940 entre Pétain et Hitler à Montoire a été rédigé. Il a été signé par Schmidt et est paru en 1961. Il a été mentionné par quelques rares auteurs, dont François Delpla (Montoire, Albin Michel, 1996, p. 438-444) mais qui est peu objectif, et Marc Ferro (Pétain, Hachette, 2009, p. 188-193) qui l'est davantage sur ce sujet. Je vais faire un résumé de ce compte rendu pour expliquer la situation. Tout d'abord, Pétain s'est dit heureux de rencontrer Hitler, même si l'atmosphère était tendue. Le Maréchal lui rappela qu'à la place du gouvernement français, il n'aurait jamais déclaré la guerre à l'Allemagne tant leur supériorité militaire était évidente en 1939. Alors qu'il était ambassadeur en Espagne, il avait demandé en vain à deux reprises de reprendre ses fonctions au sein du Conseil supérieur de la guerre. Il n'a eut l'accord de revenir qu'en mai 1940, c'est-à-dire en pleine débâcle, à un moment où tout était perdu. Puis il annonce le souhait de renforcer la défense de ses colonies d'Afrique face à l'Angleterre et les gaullistes. Selon Paul Schmidt, l'ancienne alliée de la France "s'était incroyablement mal comportée envers elle". En effet, alors que l'Etat Français avait évité l'occupation totale de la métropole, le royaume de Grande-Bretagne le poignarde dans le dos. Quant à de Gaulle, il avait trahi sa patrie en déclenchant une guerre franco-française à Dakar le 23 septembre 1940, chose stupide et qui avait un impact négatif pour la cohésion de l'armée française et la préservation de l'Empire. Le Führer explique qu'il n'avait pas désiré cette guerre contre la France, mais qu'il était normal qu'elle en paye les frais. Ensuite, il indique qu'il luttera jusqu'à l'anéantissement de l'Angleterre et parle des opérations aériennes en Grande Bretagne. Pour Hitler, c'est cet Etat qui devait payer la plus grande part dans la guerre. Cependant, le futur traité ne devra pas être un traité d'oppression car cela risque d'empêcher l'établissement de rapports harmonieux entre les peuples. Il fallait répartir les responsabilités et encourager ceux qui voulaient prendre un nouvel essor dans de meilleures conditions. D'après Pétain, le chef du Reich prévoyait un encerclement de la Grande Bretagne sur toutes les mers et par tous les pays voisins limitrophes. Si la France s'alliait à ce projet, c'est-à-dire le seul pays voisin à ne pas être entièrement sous domination allemande, alors l'Angleterre ne pourra pas survivre longtemps. Cependant, les limites de la coopération ne pouvaient être connues immédiatement. Pétain accepta les principes d'une collaboration, mais lui préférait s'attarder sur les possibilités militaires en Afrique où l'Angleterre était l'assaillant. Sa volonté est visible, il souhaitait avant tout sauvegarder l'Empire français contre tout intru. De plus, si le Maréchal déclare directement la guerre contre l'Angleterre, il devrait faire appel au gouvernement, ce qu'il n'avait guère envie de faire. On peut donc prévoir une coopération, mais il faut agir avec prudence. Ensuite, le chef de la France exprima son admiration sur l'armement du Reich, et reconnu qu'il n'avait jamais connu de personne qui soit parvenu à des résultats gigantesques. A la fin de cet entretien, Philippe Pétain se déclara prêt à prendre en considération le principe d'une coopération avec Adolf Hitler et exprime sa satisfaction.
Malgré tout, Marc Ferro indique clairement une distinction entre Laval et Pétain qui n'abordaient pas la discussion de la même manière. Pierre Laval évoquait déjà son souhait d'une défaite anglaise, et remercie Hitler de la demande d'une collaboration commune contre la Grande Bretagne. Au contraire, Pétain demeure froid comme à son habitude, mais "déclare accepter avec gratitude le principe de la collaboration qu'Hitler lui propose". Par ailleurs, un nouveau malentendu émerge. Le Führer avait demandé que la France aide le Reich à acquérir des positions en Afrique, qu'elle "manifeste sa volonté de collaborer par des actes et l'Allemagne lui fera des concessions". Mais d'après le Maréchal, la France a déjà ses positions à défendre et accepter cette collaboration doit engendrer une contrepartie. Toujours d'après Ferro, Pétain "considère qu'en assurant l'Allemagne qu'il défendra l'Empire français, il fait le maximum pour l'Allemagne." (Marc Ferro, Pétain, Hachette, 2009, p. 191). Après la guerre, le diplomate allemand von Renthe-Finck déclara dans une interview à la La Libre Belgique (1er et 2 novembre 1947) : "Pour moi, Montoire constitue la plus grande défaite de la politique allemande vis-à-vis de la France. Nous n'y avons rien obtenu et presque tout perdu de ce que nous avions. Nous n'avons pas réussi à gagner la France à notre cause, ni à occuper le territoire français à notre cause. S'il n'y avait pas eu Montoire, il n'y aurait pas eu vraissemblablement non plus de débarquement allié en Afrique du Nord." (article repris par Jacques Le Groignec, Pétain et les Allemands, Nouvelles Editions Latines, 1997, p. 233-234, etPétain face à l'Histoire, Nouvelles Editions Latines, 2000, p. 182-183). Le docteur Paul Schmidt conclut la relation de l'entrevue dans ses Mémoires, par ces mots chargés de sens : "Pas une fois Pétain n'eut un mot aimable pour Hitler. [...] Je n'ai compris qu'après la guerre l'attitude que le maréchal Pétain avait eue à Montoire, en apprenant que, le jour même de cette entrevue fameuse, le professeur Rougier discutait en son nom avec Churchill, apportant à celui-ci que la France n'entreprendrait jamais rien d'incompatible avec l'honneur contre son ancienne alliée [Accords Pétain-Churchill dont nous reparlerons plus tard]. Aujourd'hui, quand je compare le compte rendu de cet entretien de Londres, autrement plus concret, avec celui de Montoire, et en tenant compte des évènements ultérieurs, je suis enclin à conclure que le maréchal Pétain fut le vainqueur diplomatique de Montoire." (Paul Schmidt, Ma figuration auprès de Hitler, Plon, 1950, et Louis-Dominique Girard, Montoire, Verdun diplomatique, Editions André Bonne, 1948). Lors de l'entrevue, Hitler en position de difficulté était prêt à céder en échange d'un engagement de la France contre l'Angleterre, mais avec des arguments peu convainquants. En face, Pétain se montrait prudent et souhaitait s'engager avec modération. Yves Bouthillier, le ministre des finances de l'époque, le confirme au Conseil des ministres le 26 octobre : "Entrevue sans grande portée. Hitler a parlé tout le temps. Il a fait étalage de moyens militaires avec lesquels aucune force du monde n'est capable de se mesurer. Le Maréchal a accepté le principe d'une collaboration, c'est à dire un pacte de cohabitation entre la puissance occupée et la puissance occupante. Il n'a pris aucun engagement. Son espoir était que sa rencontre avec le maître du Reich et l'assurance qu'il lui avait donnée d'un respect loyal de la convention d'armistice rendrait plus efficace désormais les efforts des ministres militaires de réarmer la France, des ministres civils pour la faire vivre, et les siens pour le retour des prisonniers." (Yves Bouthillier, Le drame de Vichy, Tome 1 : Face à l'ennemi, face à l'allié, 1950, p. 198).
L'historien Jean-Paul Cointet récapitule le peu d'accord obtenu : "réarmement de l'empire en vue de défendre contre toute menace ; amélioration du modus vivendi entre la France et l'Allemagne sans coopération militaire ; pas de fixation d'un statut des relations franco-allemandes avant la fin de la guerre ; participation de la France à la nouvelle Europe." (Jean-Paul Cointet, Histoire de Vichy, Perrin, 2003, p. 162). Puis il explique : "Quant à Pétain, dont la continuité dans une ligne précise ne semble pas avoir été la règle, il semble bien s'être rendu à Montoire sans conviction, ni plan précis, pour une rencontre purement exploratrice n'engageant aucune des deux parties de manière contraignante mais lui offrant pourtant l'avantage d'une "rencontre au sommet". Hitler, lui, tout à son duel de plus en plus mal engagé avec l'Angleterre, n'avait rien de concret à demander à la France qu'il ne tint de l'armistice ou de la libre interprétation qu'il en avait faite."Selon lui : "Montoire se révèle aujourd'hui comme un "coup" monté et exploité par Abetz [ambassadeur d'Allemagne en France] avant tout, qui crut que du cloc de la rencontre sortirait le déclic pscychologique décisif, capable de décider Hitler à un geste significatif et décisif en faveur de la France. C'est Hitler qui s'est dit prêt à une collaboration ; l'initiative n'est pas venue, ce jour-là, de Pétain [l'historien est ici dans le faux car les sources montrent très bien que le Maréchal souhaitait s'entrenir avec le chancelier, mais encore une fois il ne faut certainament pas l'interpréter de manière négative]. Attaché au char - somme toute modeste d'Abetz -, Laval crut en tirer un avantage déterminant au plan intérieur. Coup de poker pour Abetz et Laval, geste de propagande peu coûteux pour Hitler, il permettait au Maréchal de reprendre la main dans la conduite de sa politique extérieure en ayant établi, dans une apparente égalité, le premier contact direct depuis l'armistice avec le chef d'Etat grand-allemand." A la même page, il ajoute : "De Montoire ne devait soritr aucun effect favorable à la France qui fût de quelque ampleur, qu'il s'agit des prisonniers (mise à part, dans les semaines qui suivirent, la libération de quelques dizaines de milliers d'entre eux [ce qui n'est déjà pas mal], l'octroi de congés de captivité pour les prisonniers près de quatre enfants mineurs et la reconnaissance pour la France de sa qualité de puissance protectrice pour ses prisonniers), de la ligne de démarcation, de la charge des frais d'occupation et du ravitaillement (tous points évoqués par Pétain dans son message du 30 octobre), rien qui n'annonçât dans les semaines qui suivirent la double rencontre dans l'espoir d'un aménagement. Les délégués français à la Commission de Wiesbaden purent constater que l'attitude de leurs interlocuteurs n'était en rien affectée par Montoire, qu'ils considéraient comme un épisode en marge du déroulement des séances de la Commission et ne devant en rien altérer sa nature et sa mission. Pierre Laval dira lui-même au procès du maréchal Pétain : "Montoire n'a pas eu de suite... Aucune proposition ne nous a été faite par l'Allemagne pour une collaboration définie."" (Jean-Paul Cointet, Histoire de Vichy, Perrin, 2003, p. 163). Cointet dévoile donc, comme Ferro, un Maréchal prudent même s'il souhaitait une collaboration. Malgré tout, cela ne l'a pas empéché l'historien de critiquer Louis-Dominique Girard, ce dernier considérant Pétain comme le vainqueur diplomatique de Montoire, un point de vue partagé par les nazis après la guerre. C'est pourtant la réalité puisque le chef de la France obtint quelques concessions à l'occasion de l'entrevue alors qu'il n'en pas faite à l'Allemagne.
 
Quoi qu'il en soit, l'entrevue de Montoire n'était donc pas un évènement important, mais est davantage un symbole qui servira de propagande pour les biens pensants d'aujourd'hui souhaitant condamner aveuglément le Maréchal pour sa volonté de collaboration avec l'Allemagne, sans expliquer les raisons qui pourtant se justifient. Enfin, nous pouvons émettre une hypothèse pour évoquer une raison supplémentaire qui a poussé Pétain à  rencontrer Hitler. En effet, il ne faut pas oublier qu'en demandant l'armistice en juin 1940, le Maréchal souhaitait notamment empécher l'Allemagne d'avoir un accès direct à la Méditerranée, et par conséquent à l'Afrique du Nord française, grâce au maintien d'une zone libre au Sud de la métropole. Suite aux agressions anglo-gaullistes, Pétain voulait peut-être connaître les intentions d'Hitler et savoir s'il venait à manifester des ambitions sur le continent africain, si ce dernier demanderait son autorisation pour marcher sur le sol colonial français (donc s'il respecterait l'autorité du chef de la France), et voir si le chancelier du Reich irait jusqu'à l'occuper. Par conséquent, l'entrevue de Montoire lui permettait d'examiner sa marge de manoeuvre par rapport aux Allemands et savoir quelles étaient leurs ambitions, mais je répète que cela ne reste qu'une hypothèse sans que je puisse fournir de preuve. Quoi qu'il en soit, la France n'obtient pas d'accord immédiat avec le IIIème Reich pour la protection de l'Afrique française. Alors pour préserver les colonies sur ce continent, le Maréchal se doit de négocier avec la Grande-Bretagne, c'est à dire avec l'agresseur.

http://realite-histoire.over-blog.com/article-22506257.html

Bref, il y a bien eu double-jeu.

 

D'ailleurs, je répète ce point dans l'article que j'ai rapporté, c'est Hitler qui demandait à Pétain de collaborer et qui l'a invité à Montoire, Hitler lui proposait de collaborer avec en échange pour la France moins de poussière à manger, ce que Pétain a accepté, sinon l'Allemagne aurait durant 4 ans, fait pire à la France.

 

 

  • R Paxton La France de Vichy, trad 1973 
Vichy n’est pas une excroissance allemande. Vichy a un projet propre de revanche sur le Front populaire et sur la République. C’est la " révolution nationale ". 
Les Français ont montré une large apathie, ils se sont comportés comme des collaborateurs passifs qui ont préféré continuer leur travail plutôt que de s’exposer au danger. 
L’opinion évolue au printemps 1943, avec l’occupation totale du pays depuis novembre 1942, avec le STO. Les Français ne deviennent gaullistes que fin 1943, début 1944.

 

Sauf que la Révolution Nationale est distincte de la collaboration, ne mélange pas l’idéologie du régime de Pétain avec sa collaboration.

 

L'idéologie collabo était plutôt de gauche : 

 

 

 

"

 

Cliquez ici pour agrandir l'image : http://www.megapict.com/up/IYdnIvLyb2.png

 

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Collaboration_en_France#Les_partis_collaborationnistes

 

Parmi les principaux partis collaborationnistes cités par Wiki, il y en avait 8 qui ont été fondés ou dirigés par un mec de droite et 10 qui ont été fondés ou dirigés par un mec de gauche.

 

Il y a eu donc plus de partis collabos gauchos que droitistes.

 

Si on regarde uniquement les partis collabos d'au moins 1000 membres, on a 6 partis collabos qui ont été dirigés ou créés par un mec de gauche contre 3 seulement qui ont été dirigés ou créés par un mec de droite.

 

Quand aux deux principaux partis collaborationnistes, ils étaient exclusivement issus de la gauche.

 

Il ne faut pas non plus oublier les organisations collabos militaires et paramilitaires : La Milice Française a été créé par Laval, ancien de la SFIO ; et la LVF a été fondé par Doriot (PCF) et Déat (SFIO).

 

Ce sont exclusivement des gens issus de la gauche qui ont fondé les organisations collabos paramilitaires et militaires."

 

Sinon je reviens sur cette petite phrase de Paxton : "ils se sont comportés comme des collaborateurs passifs qui ont préféré continuer leur travail plutôt que de s’exposer au danger. "

On ne s'expose pas au danger quand on est à l'abris à Londres derrière une mer.

 

 

Derrière un discours officiel de rassemblement, ce régime pratique la répression et l’exclusion. Il nie la République et les principes de 1789, il persécute les juifs et les francs-maçons, il se méfie des instituteurs. Les études récentes confirment les analyses de Paxton sur ce point.
La répression par Vichy tient à un projet autonome [Denis Pechanski, Vichy 1940-1944 - Contrôle et exclusion, ed Complexe) Les Allemands n’ont rien imposé en 1940-1941. Les mesures antisémites prises sur les deux zones par Vichy vont au-delà de celles prises par les Allemands en zone occupée. La chasse aux militants communistes est plus vive en zone sud qu’en zone nord.
Après 1942, la répression allemande prend appui sur les mesures de Vichy, et sur l’évolution vers le fascisme du régime à partir de 1943.

 

LOL l'argument pourrit "Vichy dans la zone libre collaborait aussi, or y avait pas d'occupation allemande dans cette zone, donc Vichy ne fut pas un bouclier et n'a pas joué de double-jeu"... mais LOL la zone libre n'était pas si libre que ça, rien qu'un exemple : Hitler interdisait à l'Etat français d'avoir dans la zone libre plus de 40 000 soldats. 

De plus, dés fin 1942, Hitler a occupé la zone Libre, donc entre 1940 et 1942, la zone sud pouvait être occupée à n'importe quel moment si Pétain n'était pas jugé assez obéissant et fiable par Hitler.

Et la chasse aux terroristes communistes dans la zone libre, était plus vive que dans la zone nord car il y en avait tout simplement moins dans la zone occupée, ils prenaient moins de risques dans la zone nord car les allemands étaient tout simplement plus durs que Pétain contre les terroristes communistes. 

 

Enfin, à partir de la 2ème moitié de 1942, les allemands ont imposé à Vichy le 1er ministre Laval (issu de la gauche), puis occupé la zone libre et ont imposé des ministres ultra-collabos (issus de la gauche)... donc, c'est pas terrible de se baser sur la période allant de fin 1942 à 1944 pour juger Pétain, car son gouvernement dépendait plus d'Hitler que de lui.

 

"En 2010 un document annoté de la main de Pétain confirme totalement les thèses de Paxton:

 

Ce document inédit comporte les annotations aux crayons à papier écrites par Philippe Pétain, établissant son rôle déterminant dans la rédaction de ce statut. 

"Aujourd’hui, un texte officiel prouve que Pétain est intervenu dans la rédaction du statut des juifs. Pour les historiens, ce texte est important car il tranche ce débat", explique à France 24.com l’historien Jean-Pierre Azema, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et plus spécialement de la France de Vichy et de la Résistance. 

En effet, les historiens ne pouvaient jusqu’alors se référer qu’au seul témoignage de Paul Baudouin, ancien ministre des Affaires étrangères sous Vichy. Dans "Neuf mois au gouvernement", un ouvrage publié en 1946, il écrivait que, lors du Conseil des ministres du 1er octobre 1940, le gouvernement avait étudié "pendant plus de deux heures le statut des Israélites. C’est le maréchal qui se montre le plus sévère. Il insiste en particulier pour que la justice et l’enseignement ne contiennent aucun juif". 

 

On rappellera enfin que De Gaulle a nié cette théorie du "glaive et du bouclier"."

 

Le statut des juifs fait par Pétain, était issu de l'antisémitisme d'Etat de Maurras, mais l'antisémitisme d'Etat, n'a jamais été l'antisémitisme "exterminationniste" du national-socialisme... Pétain a donné un statut aux juifs, digne du statut médiéval qu'avaient les juifs chez les chrétiens et musulmans, c'est incomparable au statut des juifs en Allemagne nazie. L'antisémitisme traditionaliste de Pétain ne peut pas être mis dans le même sac que la collaboration avec l'antisémitisme nazi qui est la forme la plus radicale et extrême de l'antisémitisme.

 

Et comme dit Zemmour : « Il faut distinguer entre le statut des juifs et l’extermination, il ne faut pas tout mettre dans le même sac en pensant avec nos critères d’aujourd’hui. Le statut des juifs d’octobre 40 et même 41 c’est évidemment un statut, vous avez tout à fait raison, xénophobe et antisémite. C’est donc un statut contraire aux principes universels de la France. Mais ce n’est pas pour exterminer les juifs. C’est qu’à l’époque on estime que les juifs ont pris trop de pouvoir, qu’ils ont trop de puissance, qu’ils dominent excessivement l’économie, les médias, la culture françaises, comme d’ailleurs en Allemagne et en Europe, d’ailleurs c’est en partie vrai. C’est-à-dire que depuis la révolution industrielle de 1870 – je vous renvoie à ce livre extraordinaire qui s’appelle “Le Siècle juif”, d’un auteur russo-américain, et qui explique très bien l’incroyable puissance des juifs français [on entend un sifflet dans la salle], des juifs américains, des juifs allemands, et des juifs anglais. Donc ce n’était pas un mythe, ce n’était pas un leurre ! Il y avait des Français qui trouvaient ça formidable parce que c’était pour le bien de la France – ils avaient bien raison – et il y avait des Français qui trouvaient que les juifs se comportaient avec une arrogance de colonisateurs. »

 

D'ailleurs : 

"Selon les chiffres officiels, la France fut l'un des pays d'Europe occupés et/ou gouvernés par l'Axe, où il y a eu en proportion le moins de juifs tués durant la seconde guerre mondiale... Donc merci Maréchal, tu as sauvé la vie de très nombreux juifs, si les allemands avaient dirigé et administré directement la France, il y aurait eu bien plus de juifs morts.

 

 

Enfin, tu réponds que ultra-partiellement à ce que dit Abauzit, tu ne remets pas en cause 99 % des faits qu'il évoque, et tu ne montres pas l'intégralité de sa vidéo :

 

 

 

 

DEBUNKED !!!!!!!



14/04/2017
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